13.09.2006
Extrait chapitre 14: Grandeur et décadence: utopie d'un monde réel de Thomas Griffet
48 heures de garde à vue au mieux, mais une petite visite chez le procureur s’ils n’avaient pas d’aveux de ma part, c’était mon emploi du temps des trois jours qui suivaient. Dans la piaule pourrie qu’ils avaient mis à ma disposition, j’espérais du peu de cœur qu’il me restait, qu’ils n’allaient pas trop fouiller dans mon passé. J’avais menti tout à l’heure, à une époque, j’étais tombé dans l’enfer de « l’argent facile »…en dilant. Mais je n’étais pas un dileur comme les autres, je ne vendais ma came qu’aux personnes qui n’avaient plus aucune chance de s’en sortir et où aucun traitement ne pouvait être efficace. Avez-vous déjà vu une personne accro à la coc’ et qui n’a plus assez d’argent pour s’en sortir ? Vous la voyez plein de vie la veille, et le lendemain, elle n’a plus assez de force pour ne serait-ce qu’ouvrir les yeux. Vous passez, là, par hasard, pour prendre des nouvelles et boire une p’tite tasse de café ; vous sonnez, personne ne répond, mais vous savez qu’elle est là parce qu’il y a sa voiture. A 4 heures de l’après-midi, les volets sont fermés, alors vous sonnez encore et encore. La porte est ouverte, vous entrez, pas de lumière à part une bougie sur la table basse du salon, et cette odeur de mort…indescriptible…une odeur que l’on oublie pas ; vous poussez la porte de la chambre, la peur au ventre, vous allumez la lumière, et là vous voyez une fille, accroupie, pleurant toutes les larmes de son corps, un flingue à la main ; sur le lit, le corps inerte de son ami, une balle dans la tête, seule solution à ses souffrances. Vous savez qu’il était trop faible pour pouvoir soulever ne serait-ce qu’une plume, et vous savez aussi que c’est sa copine qui l’a fait pour lui, un dernier geste d’amour, une dernière preuve de son attachement. Tout cela pour une p’tite dose de came à trente euros, ou pour une boite de sub que le médecin lui a refusé la veille parce que la date prévue pour une nouvelle ordonnance n’était que dans deux jours. Qui êtes-vous pour laisser mourir ses personnes comme des chiens ? Savez-vous ce qu’est le manque ? Cette sensation d’ extrême souffrance physique à se taper la tête contre les murs, et cette conviction que vous n’êtes rien et que rien ni personne ne pourra vous aider, à part cette petite dose de survie.
Il y a des gens que l’on peut sauver, d’autres pas, et il faut l’accepter. L’homme a le droit de vivre sans souffrance, même si l’on sait qu’il ne dépassera pas la trentaine.
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04.05.2006
Chapitre 4 Grandeur et décadence: utopie d'un monde réel
CHAPITRE IV
Pour ne plus heurter la sensibilté de certaines personnes, ce texte a été retiré par la SoulProd.
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01.05.2006
Grandeur et décadence: Utopie d'un monde réel Chapitre 1 Nouvelle de Thomas Griffet
CHAPITRE I
C'était un soir de Noël comme les autres, j'avais ce sentiment d'être là sans être là; perdu au fin fond de mes rêves, je ne faisais plus attention à ce vacarme encombrant qui m'entourait. Les efforts faits en début de soirée pour paraître sociable et courtois avaient désormais quitté ce corps qui commençait à bouillonner. Je ne supportais plus ces « gens » qui, une fois par an, se donnaient rendez-vous pour un moment d'hypocrisie mondaine. Je ne faisais hélas pas partie de ce monde: hélas, parce que cet univers, régit par le mensonge et la cruauté, baignait inlassablement dans la facilité. Tout devient facile quand on ment, car l'on n'est pas obligé d'assumer sa véritable personnalité; alors, on se range derrière la connerie des autres et on attend que cela se passe. On acquiesce, on rigole, on se donne des tapes dans le dos, on se fait des compliments, et c'est justement la répétition de cette hypocrisie qui fait que l'on oublie sa véritable nature et que l'on devient ce que l'on doit être: une personne comme les autres.
Encore une année qui passait, et nous on se repassait nos souvenirs sans se soucier du futur, qu'on rangeait dans un placard et qu'on essayait d'oublier comme une petite cuillère de yogourt que l'on a mise en dessous de son lit et que l'on a pas eu le courage de descendre dans le lave-vaisselle. La vie, c'est comme une chemise en soie, ça se froisse facilement; pour être heureux, il faut éviter les plis, et on a tellement peur de l'user, qu'on ne la met jamais...voilà l'erreur: un jour, il est trop tard et l'on en a même pas profité. Alors, on se donne de bonnes résolutions, que l'on oublie aussi très vite, parce que la nouvelle année, au bout d'une semaine, elle nous sort de la tête et le train-train quotidien reprend le dessus.
J'avais décidé d'éviter soigneusement cette soirée et de descendre le plus souvent possible dans le garage, afin de fumer quelques pétards. Ainsi, cette fumée épaisse mais si apaisante se propageait en mon corps fébrile, pour me fertiliser l'esprit d'une haine indescriptible mais si douce, comme l’inconscient qui bouleverse le conscient, hélas si conscient, comme un ouragan qui détruit tout sur son passage, comme un coup de tête qui te brise en 1000 morceaux. Ils étaient la source de la réalité de mon imagination, et ils remplaçaient désormais ce sang bafoué par l'hypocrisie et la superficialité, pour me nourrir de la haine d'un révolté.
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